Contemporanea
Jaargang XL Jaar 2018 Nummer 1

Archieven

Dans les coulisses de « Papy ». Extraits de conversation avec les archivistes chargés du fonds de la justice militaire.

Florence Rasmont, ULB

Interview menée par Florence Rasmont1 avec Pierre-Alain Tallier, Gertjan Desmet et Joachim Derwael, le 9 février 2018 aux AGR 2.

Au mois de novembre 2017 est sorti l’ouvrage collectif « Papy était-il nazi ? », fruit d’une collaboration entre des historiens universitaires et des Archives de l’État2. L’ouvrage se veut un manuel destiné à toute personne souhaitant comprendre ou investiguer le passé d’un parent suspecté de collaboration à la sortie de la Deuxième Guerre. À une présentation générale des problématiques de la collaboration et de la répression, s’ajoute une série de clés et de pistes pour identifier et comprendre les archives relatives à ces questions. La majorité de ces dernières sont celles de la justice militaire qui ouvrit, entre 1944 et 1949, quelque 405 493 dossiers pour collaboration, et enferma entre 50 000 et 70 000 personnes pour les mêmes raisons3. Elles sont le produit de cet unique et monumental phénomène que fut la répression d’État à la sortie de la Deuxième Guerre.

En Flandre, la sortie du livre fut très vite suivie par la diffusion sur Canvas de la série documentaire « De kinderen van de collaboratie », en partie initiée par l’historien Koen Aerts, l’un des rédacteurs de l’ouvrage. La série remporta un franc succès auprès du public flamand, permettant à la question de l’héritage familial de la collaboration de faire une vraie percée dans le débat public.

Que se passe-t-il du côté des archivistes qui gèrent au quotidien l’accès aux complexes archives de la justice militaire ? La parution du livre et la diffusion de la série ont-elles poussé des particuliers à s’adresser aux Archives de l’État pour éclairer leur passé familial ? À quoi sont confrontés ces archivistes ? Nous le verrons dans cet article, leurs tâches dépassent en réalité les enjeux du livre et de la série. En effet, les archives de la justice militaire ne sont pas des archives comme les autres. Si ces archives ont été déposées aux Archives générales du Royaume dès 2011, les outils qui permettaient de les exploiter sont restés au Palais de Justice jusqu’en novembre 2016. Les centaines de milliers de fichiers permettant de rentrer dans ces archives ne furent transférés aux AGR 2 qu’entre novembre 2016 et mars 2017, c’est à dire peu de temps avant la parution de « Papy ». De plus, la consultation de ces archives est toujours à l’heure actuelle conditionnée par l’approbation du Collège des procureurs généraux, qui octroie ses autorisations au cas par cas. En d’autres termes, les archivistes des AGR 2 se retrouvent confrontés à la gestion et à l’apprentissage du fonctionnement de treize nouveaux kilomètres d’archives, tout en endossant un nouveau rôle d’intermédiaire entre les particuliers et le Collège des procureurs, qui autorise ou non leur consultation.

Le 9 février 2018, je me suis rendue à la rue du Houblon, aux Archives Générales du Royaume 2 – dépôt Joseph Cuvelier, afin de rencontrer ces archivistes. Étaient présents ce jour-là : Pierre-Alain Tallier, Gertjan Desmet et Joachim Derwael, tous les trois responsables d’un ou de plusieurs aspects de la gestion de ces archives. Notre conversation se passa dans les deux langues, comme c’est souvent le cas dans les institutions fédérales. Extraits de notre conversation dans les coulisses de « Papy ».

Florence Rasmont : Pourriez-vous commencer par vous présenter ?

Joachim Derwael : Ik ben archivaris en diensthoofd in het Algemeen Rijksarchief 2. Mijn rollen zijn divers. Ik houd me bezig met onder andere ondersteuende taken (personeel, gebouw, enz.) en het beantwoorden van vragen over de archieven die we bewaren : oorlogsschade Tweede Wereldoorlog, bedrijfsarchieven, Belgische patenten en natuurlijk ook archieven van het militaire gerecht. (Contemporanea wijdde in een vorig nummer een bijdrage aan de inhoud van de archieven van het militair gerecht, nvdr.) Indien er nog wat tijd over is, besteed ik die aan het inventariseren van archieven.
Gertjan Desmet : Ik ben archivaris en onderzoeker zowel in het Algemeen Rijksarchief 2, alsook in het Rijksarchief te Brussel (sinds kort verhuisd van Anderlecht naar Vorst). Ik ben verantwoordelijk voor de overdracht van de archieven van het militair gerecht, dus van de stukken die nog in het justitiepaleis bewaard werden. Wat betreft het Rijksarchief Brussel, ben ik verantwoordelijk voor het inventariseren van een aantal archiefbestanden van justitie.
Pierre-Alain Tallier : Je suis chef de la section des archives contemporaines. Temporairement, je suis aussi le chef de département pour l’ensemble des dépôts bruxellois des archives de l’État (D03), c’est-à-dire AGR 1, AGR 2, ‘FedoPress’, soit les archives de l’État en région bruxelloise qui étaient à Anderlecht et qui sont maintenant à Forest, les archives du Palais Royal, et depuis le premier janvier, le service des victimes de guerre. Aussi, j’ai géré avec Karel Velle le versement des archives de la justice militaire au niveau stratégique. C’est-à-dire les négociations avec le Collège des procureurs généraux pour essayer d’arriver à l’accord qui convienne à tous pour favoriser l’ouverture à la recherche de ces archives.

FR : À la mi-septembre sortait « Papy était-il un nazi ? », dont trois des auteurs viennent des Archives de l’État. Dans quel contexte intervient-il pour vous ? Ce livre répondait-il à une certaine nécessité ?

JD : Er is wel een noodzaak vermits heel wat mensen die het collaboratieverleden of het mogelijke collaboratieverleden van familieleden willen onderzoeken, geen toestemming kregen om dossiers van het militaire gerecht in te zien. Wij hebben als archivaris van het Rijksarchief, vanuit onze expertise de mogelijke onderzoekpistes uitgediept waardoor toch een deel van het verleden van de desbetreffende voorouders gereconstrueerd kan worden. Een heel groot tot het grootste deel van de informatie kan je ook terugvinden in andere archieven dan in de dossiers van het militaire gerecht waardoor je delen van het verleden kan reconstrueren en zo de familiale geschiedenis opbouwen.
GD : Een van onze opdrachten is natuurlijk ook om uiteindelijk het archiefmateriaal zo goed mogelijk bekend te maken en ook de mensen te helpen om er zelf in te zoeken, om eigenlijk zelf pistes uit te denken. Ik denk dan ook dat een van de kerntaken van een archivaris is om mensen die op zoek zijn naar informatie de weg te wijzen naar mogelijke alternatieve bronnenreeksen.
PAT : Je vais ajouter que cet ouvrage est arrivé à la fois un peu trop tard et un peu trop tôt. C’est-à-dire qu’il a été mis en chantier à un moment où les archives de la justice militaire se trouvaient dans nos bâtiments, mais où elles étaient toujours gérées à 100 % par le Collège des procureurs généraux. C’était un accord lié à un déménagement. Le livre est sorti à un moment où la gestion de ces archives venait de nous être transférée. On commençait tout juste à travailler sur ces archives. Si on devait réécrire cet ouvrage aujourd’hui, il ne serait vraisemblablement pas tout à fait le même. Parce que nous avons déjà - enfin Gertjan et Joachim et tous ceux qui travaillent dessus - ont déjà fait pas mal de découvertes. Ils ont remis en perspective certaines séries, certains outils. On a appris énormément depuis quelques mois. (…) Mais les négociations concernant l’accès aux archives avec le Collège sont déjà relativement anciennes. Cela fait longtemps qu’on essaye d’obtenir une solution. Peut-être que « Papy » et la série permettront d’arriver plus vite à une décision quant à leur accès. C’est plus un concours de circonstances qui fait qu’on n’est pas maître de toutes les cartes. On avance pas à pas. Néanmoins, concernant la compréhension des archives de la justice militaire, on en sait plus aujourd’hui qu’à la parution du livre.

FR : Qu’est-ce qui aurait changé dans « Papy était-il un nazi? » s’il avait été publié aujourd’hui ?

PAT : En fait « Papy » est un guide qui envisage les différentes possibilités d’accéder aux informations concernant la répression de la collaboration. Il renvoie aux archives de la justice militaire et à d’autres archives. En ce qui concerne celles de la justice militaire, leur gestion était déjà sur le déclin au moment où celle-ci a été réformée en 20034. Donc il y avait déjà une perte de connaissance au sein du service. Quand celui-ci a disparu, toute une partie des connaissances n’a pu être transmise au personnel du Collège des procureurs généraux qui a pris la relève. Ce personnel manquait d’informations pour exploiter au mieux ces archives, et donc répondre aux questions qui leur étaient posées. Quand ces archives ont été transférées définitivement aux archives de l’Etat et qu’on nous en a donné la gestion, il y a encore une perte de savoir qui s’est faite. Heureusement, grâce à nos formations d’archivistes et d’historiens, nous avons rapidement reconstitué une partie des informations manquantes. Et nous avons pu envisager une manière différente de travailler sur ces fonds. Et surtout, nous avons réorganisé l’ensemble des outils d’accès. Il y a plus de 200 fichiers différents qu’il faut croiser et hiérarchiser pour comprendre comment travailler. Ça permet de redécouvrir des ensembles d’archives considérées comme perdues ou inexistantes parce qu’on n’avait pas les outils pour y accéder. En ça, on en sait aujourd’hui beaucoup plus qu’il y a quelques mois.

FR : Mais n’est-ce pas ce que disent également les auteurs de « Papy » ? Dans le livre, ils affirment qu’on ne comprend pas encore tout sur le fonctionnement de la répression d’État et sur ses mécanismes judiciaires.

GD : Oui, parce qu’ils ont travaillé sur une partie des sources. Ils n’ont accédé qu’à certains documents.
PAT : Si l’on possède une vision globale du phénomène, cette dernière n’est pas de type pointilliste, parce que personne n’a vu l’ensemble de ces dossiers. L’historiographie et la recherche ne sont pas figées. Il y a en a encore pour des dizaines d’années de recherche possible dans les archives de la justice militaire.

FR : Vous êtes les premiers à disposer avec autant de liberté de ce fonds en fait.

GD : Als men vroeger navraag deed naar een dossier, behandelden de mensen van het College de aanvraag. Wanneer de vraag werd ingewilligd, kreeg je een stapeltje dossiers aangereikt, zonder veel context, die je dan kon consulteren in de leeszaal. De oorsprong van de dossiers was niet altijd even duidelijk net als de volledigheid van de stapel papieren niet altijd gecontroleerd kon worden. Dit is te wijten aan het feit dat het terugvinden van dossiers en informatie via sommige referenties op de fiches niet vanzelfsprekend was, waardoor de volledigheid van de aanvraag niet kon worden gewaarborgd. Zo heb je naast bijvoorbeeld het gerechtelijk dossier vaak ook het dossier van de strafuitvoering, bijkomende documentatie dossiers van het auditoraat generaal of heb je nog heel wat aanverwante dossiers die interessante en aanvullende informatie kunnen bevatten.

FR : Qu’est-ce qui explique que l’accès à ces archives soit aussi difficile ?

GD : C’est compliqué. C’est une question juridique. Suite à la loi de 2003 supprimant les juridictions militaires en temps de paix, un arrêté royal a déclaré que la gestion de ces archives était transférée au Collège, et non pas aux Archives de l’État5. Légalement, ce sont eux les gestionnaires. Les lois standards en matière d’archives ne s’appliquent pas directement.
PAT : Il y a aussi une question très intéressante pour les historiens et les archivistes à ce sujet. Pourquoi, alors qu’il y avait déjà des projets de versement il y a plus de 50 ans - un projet de versement complet aux archives de l’État - y a-t-il eu tout d’un coup une fermeture ? Pourquoi les restrictions à la consultation sont-elles devenues plus importantes qu’elles ne l’étaient auparavant ?

FR : Quand cela s’est-il produit ?

PAT : Fin des années 60, le monde judiciaire considéra que ces archives n’avaient plus beaucoup d’utilité et d’intérêt. Par conséquent, elles pouvaient être versées aux Archives de l’État. Dans un article publié en 1957, John Gilissen, premier substitut de l’auditeur général, avait déjà souligné leur intérêt pour l’histoire de la Deuxième Guerre et l’histoire de la répression6. Il effectua même des propositions d’élimination de certaines séries. Aujourd’hui, lorsque l’on examine les dossiers dont il était question, on pousse des cris d’effroi, car cela aurait été catastrophique. Du jour au lendemain, ce projet a disparu. Après une phase d’ouverture, les conditions d’accès aux archives devinrent progressivement de plus en plus drastiques. De moins en moins de personnes eurent le droit d’y accéder. Il faudrait s’intéresser aux raisons et éléments qui, chez les responsables de ces archives, ont provoqué le passage d’une certaine ouverture à la fermeture.
GD : John Gilissen stelde in dat artikel eigenlijk voor dat tegen 1980 alles kon afgerond worden, dat alle archieven van de repressie naar het Rijksarchief mochten. Buiten de grote dossiers van zware collaborateurs mocht alles vernietigd worden, ook de “Sans-suites” - zonder gevolg geklasseerde zaken - en dergelijke. Dat mocht allemaal weg.
JD : De dossiers met betrekking tot verklikking: weg. De dossiers van Oostfronters: weg.
GD : Dus dat was wat toen werd voorgesteld en dat toen blijkbaar kon voorgesteld worden in een openbare publicatie. In 2013 is dan de circulaire gepubliceerd, waar nog altijd een verwijzing in staat naar “bepaalde passies” die zouden kunnen oplaaien7.

FR : Venons-en aux conséquences de la parution de « Papy était-il un nazi ? ». Quelles ont été les conséquences pour vous ? Avez-vous reçu plus de demandes de la part de particuliers ?

JD : Je crois que c’est surtout l’effet du documentaire. La plupart des gens sont des néerlandophones qui font parfois explicitement référence au documentaire. Peut-être que c’est encore trop tôt pour voir les conséquences du livre. Le livre ne s’est pas encore assez diffusé.
PAT : C’est relativement simple. Il suffit de voir les chiffres de vente du livre. Et ensuite de les comparer au taux d’audience de la série.
JD : 600 000 personnes ont regardé la dernière émission.
PAT : Comme historien et archiviste, on a sans doute surestimé les conséquences du livre. En définitive on n’a pas enregistré de hausse significative des demandes de consultation après sa publication. Par contre, on a senti les effets après l’émission télévisée, les demandes ont été multipliées par dix.
GD : Et cela, immédiatement. Je dirais surtout après le deuxième, troisième épisode. Cela a commencé.
JD : Depuis trois semaines, on a une quarantaine de questions.
PAT : Sans compter que quand on parle de « question », cela peut concerner plusieurs membres d’une même famille, et donc plusieurs dossiers. Par conséquent, notre manière de comptabiliser n’est pas bonne. On a effectivement 49 questions, mais cela représente 200, 250 dossiers.
GD : Et cela, c’est seulement pour les néerlandophones.

FR : Pouvez-vous comparer vos chiffres avec ceux du Collège ?

JD : On n’a pas vraiment de chiffres du Collège. C’est difficile de comparer. Ils avaient des chiffres, mais on ne sait pas à quoi les relier. Zo weten we dat ze tegen sommige mensen communiceerden dat er geen dossier werd gevonden en wij achteraf toch iets op het spoor kwamen. Werden deze aanvragen meegenomen in hun statistieken? Dit is niet af te leiden uit de cijfers van het College. Het College geeft enkel cijfers van ja of nee, zonder verdere details. De advocaat-generaal komt nu een keer per maand naar hier, om de aanvragen te bekijken en al dan niet de toestemming tot inzage te geven. De laatste keer dat hij hier kwam, was zijn reactie: “het zijn er veel”. Er waren 32 aanvragen en dat hij nog niet gezien, zo’n hoeveelheid op zo’n korte termijn.

FR : Dans la pratique, qu’est-ce que cela change, que vous fassiez l’intermédiaire entre les particuliers et le Collège des procureurs au niveau des demandes de consultation des dossiers ?

GD : Il y a déjà un grand changement depuis l’ancienne méthode. Comme les gens viennent directement chez nous, on fait déjà les recherches. On donne déjà aux gens les références de tous les dossiers. Avec ces informations, ils font une demande au Collège. Avant, ils allaient directement au Collège et le Collège disait oui ou non. Ils ne savaient pas s’il y avait un dossier. Ils savaient juste s’ils avaient accès ou non. Maintenant, ils savent qu’il y a X dossiers, mais qu’ils n’y ont pas accès. C’est une nuance, mais au moins ils savent qu’il y a quelque chose. Dans beaucoup de cas, s’il n’y a pas eu d’accès, on peut donner l’extrait du jugement publié au Moniteur belge. Au moins, on peut aider les gens à ce sujet. Mais ce n’était pas le cas avant.

FR : Oui, c’est ce qu’on fait aussi au CegeSoma. On peut au moins renseigner les gens concernant l’extrait du jugement publié au Moniteur. S’il y a une trace, on les envoie chez vous aux AGR.

PAT : Ce qui différencie notre méthode de travail de celle des agents du Collège, c’est que nous ne dépendons pas du même pouvoir organisateur. Au Collège, ils avaient leurs règles de fonctionnement. Et comme les archivistes sont historiens, nous avons les nôtres. On ne conçoit pas l’information de la même manière. Elle sera sans doute plus contextualisée de notre part. Avec notre expérience, on analyse les choses et les dossiers différemment. Donc je dirais que cela favorise la décision positive. (…) Ce qui fait peur au pouvoir judiciaire, ce sont les éventuels troubles à l’ordre public. Les juges et magistrats ont pour mission de garantir « la paix des familles ». Dans leur optique, cette « paix des familles » pourrait être troublée par la révélation de certaines informations susceptibles de faire ressurgir des conflits entre les « noirs » et les « blancs » au sein des familles. Mais ce qu’on essaye de leur expliquer, c’est qu’on est au-delà de ça, maintenant. Je pense qu’au sein des familles - dans 90% des cas, en tout cas, puisqu’il reste quand même 10 % de cas où la situation peut être délicate - les gens ne cherchent pas à régler des comptes. Ils cherchent à comprendre ce qu’il s’est passé, faire un travail sur ce passé. Le but n’est plus de dénoncer ou de stigmatiser l’un ou l’autre comportement. (…) Actuellement, des négociations sont en cours avec le Collège et le ministre de la Justice. On essaye d’aller vers une situation qui permettrait d’augmenter le pourcentage de dossiers communiqués. La justice étant ce qu’elle est, avec ses codes et ses habitudes, on attend une réponse du Collège. Cette ouverture au grand public et à la recherche des dossiers de la justice militaire, c’est le travail de toute une vie pour certaines personnes. C’est un travail de très longue haleine.

- Florence Rasmont

Webreferenties

  1. archieven van het militair gerecht: http://www.contemporanea.be/nl/article/2017-4-archieven-lang-militair-gerecht